Autour d’un album : « Les grands espaces » de Catherine Meurisse

La nature et l’art – tout ce qui pousse, tout ce qui vit envers et contre tout – seront une chance.

Les grands espaces, album autobiographique de Catherine Meurisse, raconte ses souvenirs d’une enfance à la campagne qui façonne son imaginaire de petite fille. Adulte, la dessinatrice a travaillé pour différents organes de presse dont Charlie Hebdo. Après l’attentat de 2015 auquel elle échappe, elle s’effondre et en raconte l’après dans La légèreté qui amorce une transformation de sa représentation dessinée du monde. Le dessin plus adouci, coloré au pastel sec se retrouve dans « Les grands espaces ».

L’album, proche du roman graphique, est nourri des impressions sensorielles de son enfance. La richesse et la vivacité des couleurs contrastent joyeusement avec la simplicité du trait qui caractérise les personnages. Il y a du Reiser et du Bretécher dans ce trait et du Sempé dans ces petits personnages souvent seuls au milieu des paysages. Si elle y dénonce avec humour les dommages écologiques, elle y rend aussi hommage à la culture en s’appuyant sur de solides connaissances sur la peinture et la littérature du XIXème siècle. Ce goût pour les arts de ce siècle est une des marques de fabrique de Catherine Meurisse qui s’en donne à cœur joie, en particulier dans Mes hommes de lettre, Le pont des arts, Delacroix et Moderne Olympia.

« Le hamac » de Gustave Courbet

« Quand on grandit à la campagne, dit-elle dans un entretien au magazine Les arts dessinés, la campagne ne vous lâche plus. Il n’est pas crétin de dire qu’un lien existe entre les plantes et nous, aussi invisible soit-il. Un lien qui s’explique scientifiquement, mais qu’on peut juste aussi se contenter de ressentir et d’imaginer. »

« L’expression « les grands espaces » est pour moi synonyme d’imagination. Ils peuvent être autant arpentés que rêvés. » Pour la dessinatrice enfant, mais sans doute encore pour l’adulte qu’elle est devenue, les grands espaces ne se trouvent pas seulement dans la nature, à la campagne. Les jardins, les musées en sont aussi… comme les tableaux, fenêtres sur le monde.

Sources

Entretiens avec Catherine Meurisse

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